DOUBLE HELIX 360

Depuis l’automne, le musée Benoît-De-Puydt présente au cœur de ses collections une œuvre du célèbre artiste Wim Delvoye. Exposée au musée pour toute une année, Double Hélix instaure un dialogue entre création contemporaine, peinture académique et objets anciens, autour d’un sujet universel et intemporel.

Qui est Wim Delvoye ?

Né à Wervik (Belgique) en 1965, il vit et travaille entre Gand et Brighton quand il ne fait pas le tour du monde. Figure majeure de la scène artistique belge et artiste de renommée internationale, Wim Delvoye n’hésite pas à diversifier les supports qui s’offrent à lui et s’exprime à travers un large panel de médiums, comme le dessin, la sculpture, ou encore les installations.

Artiste inclassable, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Gand, son travail riche et varié est une perpétuelle démonstration d’antagonismes.

D’une machine reproduisant le système digestif, aux pneus de tracteurs gravés, en passant par des cochons tatoués, Wim Delvoye bouscule les codes grâce à une esthétique propre et singulière, contribuant incontestablement à l’écriture de notre Histoire de l’Art contemporaine.

Double Hélix ou… Pretzel ?

L’œuvre Double Hélix (2008) préfigure la série Holy Family (2009-2011), dans laquelle Wim Delvoye traite de la représentation du Christ en croix, sujet très présent dans son Œuvre en général. Le crucifix est ici envisagé comme un objet symbolique, présent dans notre imagerie du quotidien, et cette série incarne pour l’artiste l’opportunité de questionner le lien entre art, science et croyances religieuses.

Appelée Pretzel dans l’intimité de l’atelier, cette sculpture en argent allemand et alpaga (mélange de cuivre, zinc et nickel) démultiplie l’image d’un christ en croix. Vêtu d’un pagne et coiffé d’une couronne d’épine – que l’œuvre elle-même n’est pas sans rappeler – il reprend l’iconographie traditionnelle de la crucifixion. En revanche, les figures étirées, distordues et entremêles interpellent, notamment par leur disposition qui fait prendre à l’objet la forme d’un Bretzel.

Toujours empreint de sa signification symbolique, le mode de représentation frontale est cependant détourné au profit d’une sculpture évoquant la double hélice de l’ADN, et donne à l’icône du christ un caractère profane (d’autant plus exacerbé par le mode de reproduction en série pratiqué par l’artiste).

Une œuvre contemporaine au cœur d’une maison de collectionneur(s)

Au musée Benoît-De-Puydt, l’œuvre de Wim Delvoye se confronte à des collections diversifiées, au cœur d’un musée reconstruit après la Grande Guerre comme une maison de collectionneur du XIXe. La configuration des lieux offre aux visiteurs une expérience de proximité avec l’œuvre de Wim Delvoye, à l’image du reste des collections.

Présentée sur une table dessinée par Louis-Marie Cordonnier et ayant appartenue au peintre Pharaon de Winter, Double Hélix est accompagnée de portraits, scènes et objets religieux.

Cette confrontation instaure un dialogue entre peinture académique, objets de dévotion en bois sculpté, et matériaux contemporains. A travers un sujet symbolique atemporel, la sculpture questionne le mode de représentation d’un objet encore omniprésent dans la culture populaire européenne.

L’œuvre de Wim Delvoye, au même titre que les objets de la collection du musée, incarne une fonction théologique et symbolique mais également décoratrice. Faisant référence à l’usuel et au sacré, porteuse d’une valeur symbolique et traditionnelle, Double Hélix trouve aisément sa place, tout en se distinguant, au sein des riches et foisonnantes collections du musée.

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